Snapchat : pour tout savoir sur le réseau social des jeunes adolescents

Les stars hollywoodiennes, la NASA, les sportifs et nos adolescents, ils sont tous sur Snapchat, le réseau social tendance. L’anonymat et le caractère éphémère des contenus poussent les enfants à se sentir en sécurité et à baisser leur vigilance. Le nouveau réseau social préféré des jeunes est-il vraiment sécurisé ?Créé par deux étudiants américains en 2011, Snapchat est un réseau social disponible via une application mobile, avec la particularité de pouvoir partager des photos, des vidéos et des messages dont l’existence et la visualisation sont limitées à dix secondes maximum.

Les utilisateurs de Snapchat peuvent donc envoyer des photos ou vidéos éphémères à un ou plusieurs destinataires, en choisissant le temps de visionnage (entre 1 à 10 secondes). Ils peuvent également envoyer des messages éphémères à un contact par un espace « chat » ou « messenger ». Snapchat permet aussi à ses utilisateurs d’enregistrer des photos ou vidéos dans leur « Story ». Ces contenus sont visualisables par tous les contacts pendant 24h. Cette fonctionnalité a rencontré tellement de succès, que le réseau social Instagram s’en est emparé. Mais ce qui plaît aux jeunes, ce sont les filtres photos. Humoristiques ou simplement esthétiques, les filtres Snapchat apparaissent en réalité augmentée.

Un réseau social devenu tendance chez les jeunes

Selon Bloomberg (juin 2016), Snapchat, ce sont 150 millions d’utilisateurs actifs par jour— soit plus que la population de la Russie — qui postent près de 1 million de « Stories ». En France, ils sont 8 millions à se connecter quotidiennement au réseau social avec une grande majorité de moins de 25 ans. Aux États-Unis, les 18-24 ans étaient 46,8% fin 2015, à utiliser Snapchat contre seulement 16,5% à utiliser Facebook. Même si aucune étude n’a encore recensé les mineurs, les experts du digital estiment qu’ils feraient considérablement augmenter ce taux s‘ils étaient pris en compte.

Aujourd’hui Snapchat est passé en tête des réseaux sociaux préférés des jeunes devançant Instagram, Twitter et Facebook. Il est surtout le réseau social préféré des jeunes filles, avec plus de 6 utilisatrices pour 4 utilisateurs. Si les enfants et adolescents apprécient cette application, c’est parce qu’ils aiment à soigner leur image à coup deselfies et de filtres embellissants, veulent faire rire avec des photos décalées et humoristiques qu’ils partagent dans leur « story », mais aussi montrer qu’ils sont « cool » et populaires en diffusant leurs photos de soirées ou leurs moments passés avec des amis. Les adolescents utilisent Snapchat également comme un journal de bord, permettant à leurs contacts de savoir ce qu’ils font à toute heure de la journée. Parmi les avantages de Snapchat : il demande un minimum d’effort à la publication de contenu, et il propose un visionnage limité dans le temps et l’anonymat.

Quels sont les dangers sur Snapchat ?

Anonymat de ses utilisateurs, aucune limite d’âge, contenus éphémères : Snapchat semble être le réseau social parfait pour publier tout ce que l’on veut sans risque. Malheureusement, le danger est bien réel et le sentiment de sécurité faussé. Si l’application ne permet pas de propager des contenus, ces derniers peuvent être récupérés par une simple capture d’écran (screenshot), par exemple, puis rediffusés largement sur les autres réseaux sociaux. À savoir : même si le réseau social promet la disparition des contenus (« Snap »), les utilisateurs peuvent les revoir à raison d’un par jour. Ainsi, si vous recevez plusieurs « Snaps » dans la journée, vous pouvez en ouvrir un deux fois. De plus, Snapchat, contrairement aux réseaux sociaux historiques, ne possède pas de politique de contenus illicites, d’où le sentiment d’impunité.

En janvier dernier, deux adolescents avaient publié une vidéo sur Snapchat les mettant en scène en train de violer une jeune fille originaire de Perpignan. Capturée puis largement partagée sur Facebook, cette vidéo était devenue virale en l’espace de quelques heures. Avertis pas les internautes, les policiers avaient interpellé les deux jeunes garçons.

Ce cas est malheureusement loin d’être isolé. Même si elle n’est pas directement mise en cause, selon Sophie Jehel, sociologue interrogée par Madame Figaro, les particularités de Snapchat pousseraient ses utilisateurs à se sentir libres de faire ce qu’ils veulent avec parfois des publications de contenus illicites incontrôlées. En effet, il est important de rappeler que tout contenu digitalisé n’est jamais totalement perdu, y compris sur Snapchat et peut-être diffusé partout sur la toile.

De son côté, le réseau social n’a effectué aucun réel changement à sa nouvelle charte de confidentialité et rappelle surtout qu’en dehors des « Live Stories », les contenus sont automatiquement supprimés des serveurs du réseau social.

Quelques conseils pour une utilisation responsable de Snapchat

1) Le webmag des adolescents, , rappelle que certains contenus partagés sur Snapchat peuvent-être illicites et qu’il faut donc rester vigilant. En effet, le cyber-harcèlement sur Snapchat est courant, il constitue néanmoins un délit. Le seul fait de partager un contenu sans l’accord préalable des personnes concernées est puni par la loi de deux ans d’emprisonnement et de 60 000€ d’amende.

2) On l’a compris, puisqu’il est impossible que les contenus soient totalement éphémères, on ne peut que conseiller de ne pas diffuser de contenu compromettant pour soi-même et pour ses amis.
3) La facilitée de publication de contenu est certes un avantage mais peut également être source de problèmes. En effet, il est important de faire attention à l’interprétation des photos envoyées car hors contexte les images peuvent être porteuses de différentes significations. Réfléchissez à la manière dont les destinataires de la photo ou de la vidéo vont pouvoir interpréter le message que vous voulez faire passer.

4) Réfléchissez aux destinataires de vos « snaps ». Généralement partagées auprès d’amis, il n’empêche que certaines photos ou vidéos finissent par se retrouver sur Facebook ou sur un autre réseau social similaire. Il est important de réfléchir à quels contacts vous envoyez vos messages et si vous choisissez de le publier dans votre « Story », définissez qui peut la voir. Allez sur le fantôme en haut de votre écran puis sur « option ». Par ce biais vous pourrez choisir qui aura accès à votre « Story ».

5) Sécuriser son compte pour éviter les piratages. L’authentification en deux étapes permet de sécuriser votre compte Snapchat et éviter d’éventuelles personnes malveillantes de publier du contenu à votre place. Cette authentification sécurisée utilise d’abord un mot de passe puis un code à 6 chiffres obtenu par SMS. Si votre compte se connecte sur un autre appareil ou dans une autre zone géographique, Snapchat demandera à l’utilisateur de s’authentifier deux fois.




Instagram : un nouveau filtre contre les commentaires haineux

Les trolls ne pourront plus sévir sur Instagram. Le site de partage de photos a développé un nouveau filtre à destination des commentaires haineux.Depuis quelques années Facebook et donc par extension Instagram sont très vigilants quant aux photos publiées sur leur plateforme sociale. En effet sur Instagram, le site de partage de photos, on ne peut passer à côté de selfies, de cafés, de chatons et de commentaires désobligeants. Le 12 septembre, le réseau a lancé un filtre contre les commentaires désagréables proférés par ce que l’on appelle des « trolls ». Dans le langage web, les « trolls » sont des initiateurs de rumeurs qui ont pour but de provoquer les internautes. Ainsi les utilisateurs du site peuvent désormais supprimer les commentaires à partir de mots-clés ou de filtres automatiques. Des fonctionnalités qui ne sont plus réservées aux célébrités.

Pour une culture où tout le monde se sent à l’aise

À l’occasion de cette nouvelle mise à jour, Kevin Systrom, le cofondateur du site a annoncé dans une tribune avoir voulu créer une « plateforme accueillante », « où tout le monde se sent à l’aise ». Avec sa guerre des « trolls », Instagram montre qu’il prend au sérieux sa responsabilité en tant qu’entreprise et son engagement à conserver la sécurité de ses utilisateurs. « Nous avons conscience que ces outils ne sont pas la seule solution pour ce problème complexe, mais ensemble nous pouvons travailler pour préserver la sécurité d’Instagram qui doit rester un lieu de libre expression. » conclut Kevin Systrom. Testé sur plusieurs célébrités, premières victimes de cyber insultes, le filtre fait aujourd’hui des émules. Même si cela ne suffira pas à stopper entièrement les cyber-violences, Instagram et Facebook montre la voie.