Comment se désintoxiquer des écrans ? - Association de protection de l'enfance sur Internet- e-Enfance
Comment se désintoxiquer des écrans ?

Comment se désintoxiquer des écrans ?

Par Alexandre Duyck
Mis à jour le

 

Apéros connectés, télétravail, école en ligne, jeux vidéos : pour garder le lien avec nos vies d’avant, nos écrans d’ordinateurs et de smartphones sont devenus d’indispensables compagnons. Pourra-t-on désormais s’en détacher ? Nos conseils pour une rupture en douceur.

Allez, pas la peine de se cacher derrière son écran. Cette scène, on l’a tou·tes connue ces dernières semaines. Les deux parents qui travaillent sur un ordinateur ou au téléphone à la maison ; un ado enfermé dans sa chambre sur la PlayStation (a-t-il seulement aéré sa chambre ? fait ses devoirs envoyés via Pro-note ?) ; un autre enfant sur Snapchat depuis des heures. Un coup d’œil aux réseaux sociaux. La famille, les collègues et leurs groupes Whats-App dont on ne sait comment se défaire. Et les grands-parents qui découvrent les GIF, les mèmes, les vidéos et, se croyant à la pointe du progrès, bombardent de notifications.

Pour de vrai, on a entendu une grand-mère qui, découvrant l’usage d’une tablette, a demandé si « Internet, ça marchait aussi le dimanche ? »

Les écrans sont partout, même dans la sexualité

Les chiffres donnent le tournis. Le temps passé sur nos applications depuis le début de la crise sanitaire ? + 70  %. + 1 000  % pour la durée des appels groupés sur Facebook et Instagram. WhatsApp ? + 40  % d’utilisation ; TikTok ? Plus d’un milliard d’utilisateurs. Apéros en ligne, réunions de travail et cours via Zoom : les écrans sont partout. Et s’immiscent encore plus dans notre sexualité : + 25 % pour la fréquentation de Pornhub, le plus populaire des sites pornographiques, avec une hausse des abonnements souscrits par les femmes. Mais comment allons-nous faire pour débrancher ces appareils qui nous auront permis de supporter le confinement ?

« En effet, imaginez une telle situation il y a trente ans, lance Edgardo Paz, psychologue à Paris. Sans Internet, sans la possibilité de passer au télétravail, sans moyen d’appeler la famille à l’étranger, avec comme seule solution d’écrire des lettres qui n’arrivent pas ou après tant de temps ? Les conséquences psychologiques auraient été bien pires encore. »

Certes, mais comment redonner à l’humain, au contact physique, toute sa place ? « Est-ce que tout le monde va se précipiter dans la rue, en terrasse des cafés, les uns chez les autres quand ce sera possible ? Je n’en suis pas certain, reconnaît le psychologue. Je ne peux pas croire qu’un tel évènement planétaire ne laissera pas de trace dans nos comportements. Il est beaucoup plus facile de se couler dans une nouvelle habitude que d’en sortir. Le confinement, c’est la revanche des introvertis, des personnes “évitantes” qui sont très bien chez elles. Mais même si mes patients me disent tous prendre beaucoup plus de nouvelles de leurs proches qu’avant le confinement, ils reconnaissent que ça ne suffit pas. Ça laisse une insatisfaction, un manque. Le contact physique reste fondamental. »

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