Une deuxième journée nationale pour dire #NonAuHarcèlement à l’école

Le harcèlement touche aujourd’hui près de 700 000 élèves de primaire et de secondaire. Avec l’avènement des réseaux sociaux ce phénomène a pris de l’ampleur et ne se borne plus aux murs des écoles. Depuis deux ans, le Ministère de l’Éducation nationale a instauré une journée nationale de lutte contre le harcèlement, en partenariat avec le collectif de youtubeuse Rose Carpet et de l’association e-Enfance.

Le harcèlement à l’école en baisse

La Ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem a ouvert sa conférence de presse hier par les résultats de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children. Réalisée entre 2010 et 2014, cette étude révèle la baisse des cas de harcèlement à l’école de 15%. Cependant, il ne faut pas oublier que les enfants victimes de ce fléau n’osent pas toujours parler. Cette deuxième journée nationale placée sous le hashtag #NonAuHarcèlement, confirme l’engagement du Ministère de l’Éducation nationale pour la lutte contre le harcèlement à l’école. Depuis un an, le Ministère a mis en place de nouveaux outils pour enrayer ce problème. Un site est aujourd’hui dédié au harcèlement à l’école : http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/, donnant les outils aux enfants, parents et professeurs d’enrayer ce problème. Un guide pédagogique, une application « Stop Bashing ! », et un numéro, le 3020 ont été mis en place. Le Ministère comptabilise depuis début janvier 2016, plus de 8 000 appels adressés à ce numéro vert. Pour cette deuxième journée nationale contre le harcèlement à l’école, le Ministère a mis en place une mosaïque collaborative sur les réseaux sociaux pour permettre aux internautes de se mobiliser.

Le cyber-harcèlement, un fléau 2.0

Initiée par le Ministère de l’Éducation nationale en partenariat avec l’association e-Enfance, cette journée de sensibilisation met l’accent sur le harcèlement sur Internet et notamment les réseaux sociaux. À cette occasion e-Enfance a publié un guide pour comprendre d’abord, prévenir et enfin savoir comment réagir. En effet, le harcèlement a pris le virage du numérique et s’immisce dans la chambre de nos enfants. La violence prend place dans les réseaux sociaux, tels que Facebook, Instagram ou Snapchat dont les adolescents sont friands. Selon une enquête d’une professeure en sciences de l’éducation, Catherine Blaya, réalisée en 2015, 6% des élèves interrogés avaient été victimes de cyber-harcèlement. Ainsi, pour sensibiliser les jeunes, le Ministère et e-Enfance ont signé un partenariat pour la deuxième fois avec le collectif de youtubeuse, Rose Carpet afin de créer un clip intitulé « Liker, c’est déjà harceler ».

Cette vidéo vise à montrer aux enfants qu’être témoin de cyber-harcèlement et pire, d’interagir par le « like » par exemple, font d’eux des complices, voir des harceleurs. Quand on sait que le harcèlement nait de l’influence du groupe, cette vidéo porte donc un message fort. Le Ministère et e-Enfance ont également ouvert une ligne d’appel nationale, Net Ecoute, dédiée au cyber-harcèlement (0 8000 200 000). Une ligne gratuite qui permet d’aider les victimes et leurs proches. Il est également possible de contacter Net Ecoute par Facebook Messenger, par Chat ou par e-mail.

Un partenariat avec le géant Facebook

La Ministre, Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue ce matin dans les locaux de Facebook France pour lancer un hackathon qui aura pour but de sensibiliser à l’usage des réseaux sociaux avec des adolescents du lycée Salvador Allende à Béthune dans le Nord-Pas-de-Calais. Ces lycéens sont les lauréats du prix Non au harcèlement 2016. Ce prix a pour but de permettre aux élèves âgés de 8 à 18 ans de prendre collectivement la parole sur le sujet du harcèlement à travers des outils de communication qui serviront à sensibiliser les élèves de leur établissement. L’association e-Enfance collabore régulièrement avec les réseaux sociaux afin de modérer ou de supprimer les contenus haineux. Justine Atlan, Présidente de l’association confiait à Public Sénat : « Nos coopérations avec Facebook, Twitter et Youtube fonctionnent plutôt bien. Nous travaillons également avec le réseau Snapchat depuis septembre dernier. »

Où en est la législation ?

Depuis le 28 septembre la cyberviolence à caractère pornographique est reconnue par la loi française. La loi République Numérique prévoit aujourd’hui de punir les auteurs de publications qualifiées de vengeance sexuelle à deux ans de prison et à 65 000€ d’amende. Une première étape vers la reconnaissance ce phénomène grandissant qu’est le cyber-harcèlement.