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Cyberharcèlement : depuis quand utilise-t-on ce mot ?

Depuis le dernier cas dramatique de cyberharcèlement – le suicide d’Océane sur en direct sur internet via l’application de diffusion de vidéo en temps réel Périscope – on a le sentiment que le harcèlement et ses conséquences n’ont plus de limite. Qu’il s’agisse de harcèlement entre adultes (c’était le cas de Océane, jeune femme de 19 ans) ou de harcèlement scolaire, le cyberharcèlement fait monter d’un cran la portée des actes, les séquelles pour les victimes et le sentiment d’impunité – sur le web tout semble permis. Qu’en est-il de cette réalité ? Depuis utilise-t-on le mot cyberharcèlement ?

C’est le travail d’un doctorante, Mélanie Lallet, qui s’interroge sur les pratiques de sociabilité juvénile sur internet et les réseaux sociaux, qui a permis un travail de recherche sur l’origine de l’emploi en France du mot cyberharcèlement.

Accompagnée d’un lycéenne scolarisée au Bourget en Seine-Saint-Denis, Emie, qui la suit dans le cadre de la sensiilisation au métier de chercheur mené par l’association L’Arbre à Connaissances, la doctorante a mené des recherches à l’Inathèque.

Ces archives ont montré qu’avant 2011 on parlait dans les médias et sur internet de violences scolaires pour traiter des cas de violences d’enfants, et encore il s’agissait encore surtout de violences faites contre l’autorité ou l’institution. Ce n’est qu’à partir de mai 2011 qu’on commence réellement et de façon significative à parler de harcèlement scolaire, notamment en raison de la mise en place par le ministre de l’éducation nationale d’alors, Luc Chatel, des premières assises du harcèlement scolaire.

Ces assises avaient alors été montées suite à la remise d’un rapport du chercheur Eric Debardieux qui employait le mot harcèlement scolaire, tiré de l’expression anglophone « scholl bullying ». Ce travail, mené dans le cadre de l’Observatoire international des Violences à l’école) a permis depuis de lancer de nombreux programmes de sensibilisation et d’actions pour contrer ce phénomène, le réduire et mieux accompagner la détection et la prise en charge des victimes et de leurs familles.

De nombreuses vidéos comme celle de Mélissa Theuriau (qui mettait en avant l’absence de réaction potentielle des professeurs) ont suscité de nombreuses réactions et prises de conscience qui permettent aujourd’hui le traitement de ce sujet de manière plus collective. De la responsabilité partagée à la mise en place de méthodes de sensibilisation efficace (les élèves pour les élèves par exemple comme à Brest au collège public Saint-Pol Roux où les élèves sont formés pour attirer l’attention de leurs camarades sur ce sujet de violences entre enfants par le biais notamment d’internet et des omniprésents réseaux sociaux), ou encore la prise en charge et l’écoute des victimes, on peut dire que le sujet avance.

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